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Batman : Arkham Origins Blackgate (2013) - Jeu vidéo

Jeu vidéo de Armature Studio et Warner Bros. Games PC, Nintendo 3DS, PS Vita et 2 autres Action-Aventure 25 octobre 2013

Jeu d'action vu de coté suivant les aventures du chevalier noir.

Film Batman : Arkham Origins Blackgate (2013)  - Jeu vidéo
SERVEUR 1

Critique initialement publiée sur Le con, Le culte et les écrans.

Dur d’être à la fois fan de Batman et de jeux vidéo quand on est un enfant de 1994. En effet, le dernier vrai bon jeu sur le chevalier noir date de cette même année et s’inspire de la série de Bruce Timm. Si un timide Batman vengeance parvient un peu à sortir de la mêlée, force est de constater que la tristesse était totale. La suite vous la connaissez, Rocksteady déboule en 2009 avec Arkham Asylum, lui offre deux ans plus tard une fort belle suite, puis Warner Montréal reprend les rennes pour un épisode de transition baptisé Arkham Origins. Au même moment sur terre 2 (une terre dépourvue de bons jeux), les hurluberlu de chez Armature Studio se lancent un défi de taille : réaliser un métroidvania dans l’univers de Rocksteady. Un concept plein de bonnes intentions…Ca tombe bien, l’enfer en est pavé.

Gameplay : Année un

Vous êtes la vengeance, vous êtes la nuit, vous êtes Batman. Alors forcement quand ce brave commissaire Gordon vous appelle pour prévenir que le joker, Black mask et le pingouin foutent le bordel vous rappliquez aussitôt. Voilà le pitch de cet opus un peu à part. Simple, basique, sans katana dans le métro, mais surtout terriblement convenu. Alors si de nombreux chapitres de Batman ne brillent pas par leur génie scénaristique, le dessin derrière lui sauve l’entreprise… Ici, il l’empire : les cinématiques sont une succession d’écrans fixes dessinés par un stagiaire sous-payé, le doublage au mieux moyen, au pire ridicule et les graphismes en 2,5D ravivent les douloureux souvenirs de pandémonium. Vous voila prévenu, il vaut mieux avoir été à l’école du gameplay pour supporter cette introduction,mais après tout qu’importe, des jeux laids mais extraordinaire, il y en a des tas. D’un point de vue gameplay, rien de bien neuf, vous démarrez avec peu de capacité, évoluez dans des niveaux labyrinthiques pour en débloquer des nouvelles vous permettant de dézinguer des ennemis à foison et de résoudre des énigmes digne d’un problème de cm2 . Le premier combat arrive, l’excitation est à son paroxysme et ne tarde pas à se muer en déception dès que les premiers coups font transparaître une mollesse rarement atteinte malgré des animations soignées. Rajoutons à ca une imprécision flagrante des timing et un cruel manque d’impact et vous comprendrez qu’on est plus proche d’un Steven Seagall fin de carrière que d’un bon Van Damne.

Un deuil dans la franchise.

Le dépaysement n’est pas non plus de la partie puisqu’on dénombre 3 environnements qui varient peu parmi les centaines de pièces pourtant visitées. Si la répétitivité est inhérente au genre, elle est ici poussée à son paroxysme, et ce n’est pas les objets déblocables caché absolument partout (et nécessitant un laborieux scan de la pièce) qui changeront la donne.

Pourtant, tout cela n’est rien, vraiment rien, par rapport à l’atrocité de la carte. Illisible, elle n’est jamais votre alliée et vous emmèneras aux quatre coins du jeu sans jamais vous dire précisément ou vous êtes. Résultat : les allers-retours se multiplient à peu près autant que vos insultes envers ce GPS aussi laid qu’inutile. Au bout de quelques heures, pourtant, on parvient à visualiser les portes de sortie, de comprendre l’aménagement du bâtiment et on se retrouve même parfois à prendre du plaisir devant un ou deux combat de boss bien troussé. Rien de bien fou, mais on sent qu’avec un peu plus de temps et de polish, un résultat acceptable était à portée de main. Et puis le rythme s’accélèrent , les différentes intrigues tombent toutes à plat, les rares environnements originaux font leurs apparitions le temps de quelques minutes, un boss finale frustrant et pas fun pour un sous tombe sous vos poings, un générique défile. Félicitation, vous venez de perdre sept heures devant prototype à peine fini d’ambitions diverses.

Parler de douche froide quand des frissons d’horreurs vous parcourent l’échine à l’évocation des combats, de la carte ou des énigmes, est un euphémisme pour ce metroidvania sans Saveur. Aucune idée, aucun scénario ( ou plutôt des historiettes dignes des bouquins arlequin), une technique qui traîne la patte, rien est à sauver. Pour les mordus de l’univers, certaines tenues et quelques rôles secondaires rempliront leurs petits cœurs d’une joie fugace, mais c’est bien tout. Ne consommant ni essence, ni super, la seule qualité du soft est au final de nous offrir un voyage dans le temps béni des adaptations bâclés. On croise les doigts pour que si une suite voit le jour, elle soit au plutonium.