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Dans l'oeil du tigre - Film (2010)

Film de Carlos Brooks Épouvante-Horreur et thriller 1 h 26 min 17 août 2010

Après la mort de sa mère, Kelly a pris en charge son petit frère de 12 ans, Tom, qui est atteint d’autisme. Des hauts et des bas rythment sa vie, jusqu’au jour où son beau-père décide de dilapider les économies de la famille afin d’acheter un tigre pour son parc animalier. L’impensable se produit alors que Kelly et Tom se retrouvent enfermés dans leur maison, entièrement barricadée en prévision de l’approche d’un ouragan d’une rare puissance : le tigre est volontairement enfermé avec eux… Pris au piège, ils vont devoir échapper aux griffes du félin affamé.

Film Dans l'oeil du tigre - Film (2010)
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Bon alors je viens de regarder ce film en anglais non sous titré et je dois l'avouer, en général, ce genre de conditions ne me permettent pas totalement de piger la totalité des subtilités d'un scénario.. M'enfin là.. j'pense que c'était pas trop problématique en fait.

Alors ce film, comme la plupart des films de ce genre que je me permet de noter, ne mérite pas sa note, mais je me dois de saluer l'intention fort louable qui a poussé ce réal à se mettre dans des conditions motivant certainement ses capacités de mise en scène pour redoubler de créativité en espérant nous faire croire une seconde à son histoire. Et le gars mérite qu'on le salue parce qu'il y arrive plutôt pas mal !

Le tigre, on le sait, est un des rares animaux carnivores à pouvoir tuer d'une manière qu'on pourrait qualifier anthropomorphiquement de "meurtrière" ou "gratuite", n'ayant pas forcément pour but immédiat de se nourrir de sa victime, à l'inverse d'autres grands prédateurs comme le lion qui ne chassent que lorsque leur estomac commence à leur murmurer "didonc, il serait pas midi 12 ?". Le tigre lui, à l'instar de son proche cousin le bon chat de gouttière, pratique la chasse de manière régulière comme une sorte d'entrainement quotidien. Car c'est bien ce qu'est ce roi des félins, ni plus ni moins un bon gros chaton au comportement semblable en bien des points, jouant avec des petits buffles comme avec des pelotes de laine. Ce que l'on qualifierait facilement de cruauté n'est autre que de l'entretient et du fitness pour lui après tout. Il ne tue pas forcément pour bouffer, mais, chose rare chez ce genre de prédateur, peut tuer pour emmagasiner et stocker dans des sortes de terriers, perdant bien souvent d'ailleurs l'emplacement de son infortunée proie. Et contrairement au lion, le tigre est un grand solitaire devant l'éternel, aussi craint que respecté, il est un dieu de beauté et de mort, de puissance et de grâce. C'est un chasseur rusé et incomparable, somptueuse machine à tuer, résultat létal de milliers d'années d'évolution et de perfectionnement dans l'art de la traque, qui aime particulièrement attaquer ses victimes par derrière, ayant développé une technique que notre esprit humain qualifierait bien hâtivement de "vicieuse" voir "sadique". Il n'en est rien, l'animal est juste devenu la perfection de sa catégorie, une sorte de turbo-ninja-fighter aussi terrible qu'insaisissable, ami de la nuit, ombre annonciatrice de tourments, vent chuintant d’envoûtantes ténèbr... euh.. bref. C'est le chasseur ultime d'une irréelle beauté devant lequel on reste, quoi qu'on en dise ou fasse, vraiment bien peu de chose.

putain mais pourquoi j'raconte tout ça moi... humpf. Reprenons.

Bref, on s'en fout un peu, parlons brièvement du film. Brièvement parce que je viens juste de parler du principal intérêt de ce dit film, un tigre absolument magnifique. Le scénar à base de vile cupidité n'a pas grande valeur et n'est que le prétexte à l'organisation d'une traque sans merci entre un gros chat et deux petites souris. Et cette traque est, il faut bien l'admettre, vraiment bien menée. Le tigre est on ne peut plus vrai, et le réal doit redoubler d'efforts pour créer des situations inventives où la superposition des acteurs avec l'image du vrai tigre puisse se trouver (plus ou moins) vraiment crédible, et même si parfois on voit clairement les doubles plans où humains et tigre doivent se situer à proximité mais se retrouvent sur l'écran nettement séparés sur deux niveaux, on s'en cogne parce que notre regard n'a d'attirance que pour le somptueux félidé. Le gars Brooks, dont je n'avais jamais entendu parler avant me donne exactement ce que je n'espérais même pas de ce film que je me préparais déjà à considérer comme un petit essai marrant et raté. Il montre ce qu'on pourrait ressentir dans une maison d'une taille conséquente en présence du sommet de la chaîne alimentaire fort désireux de justifier son statut. Le tigre est silencieux, extrêmement silencieux. Il marche d'une patte de velours sur le plancher et fait passer le pas frénétique, saccadé, affolé et lourdaud des deux protagonistes apeurés et potentiels dîners pour un troupeau d'hippopotames. Le tigre tu l'entends pas venir. Tu sais qu'il est dans la baraque mais tu n'as pas la moindre idée de l'endroit où il se terre et d'où il va débouler. Le tigre, c'est pas le T-Rex de Jurassic Park, nan nan. Ça sert pas des masses de tendre l'oreille en attendant des détonations sous les pas de l'animal ou de regarder la surface des gobelets d'eau en pensant prédire le surgissement de la bête. Il peut être partout, au rez de chaussé, à l'étage, dans un recoin sombre, dans ton dos... et en plus, l'enfoiré est nyctalope. Ce gros chat roux tenant plus du velociraptor que de Garfield a des griffes. Et des dents. Et il saute plusieurs mètres sans élan. Et quand il a la dalle, il devient une sorte de bulldozer genre que quand tu lui tires une balle dans la tête il se fout un peu d'ta gueule.

Et tout ça, bah c'est brillamment tourné (même avec une caméra téléfilmique toute naze).

Alors il y a aussi quelques petits trucs qui m'horripilent rapidement. Le gosse autiste, forcément, qui va amplifier le côté dramatique et forcer sa bonnasse de soeur à prendre des attitudes désespérées bien avant l'arrivée du matou. D'ailleurs pourquoi faut que ce soit une bonnasse qui tord du cul l’héroïne ? Ça aussi ça m'horripile un peu, on sent bien que ce détail semble tout choisi pour rajouter un peu d'intérêt (inutile) au visuel, d'autant plus quand toutes ses (rares) fringues son trempées. Mais en fait je chipote, parce que là, sinon, il va falloir commencer à accuser la majorité du cinéma horrifique. Et puis faut dire que l'actrice est quand même loin d'être mauvaise (là du coup je parle de son jeu d'actrice) et que la caméra semble prendre autant (j'aurais aimé plus) de plaisir à filmer l'animal bariolé que les courbes de cette femme guerrière révélée et accessoirement éventuel casse-croûte.

Bref, une suite d'idées vraiment cool, amenées par des conditions de tournage qui ne devaient pas être franchement évidentes, forçant le réal à trouver un tas d'astuces et de trucs plus ou moins réussis, mais dans l'ensemble captivants, faisant presque vraiment croire à cette mortelle proximité tout au long de ces 1h15 de huis clos haletant (ouais, c'est court, le générique de fin dure 10 minutes malgré un casting composé de 4 personnes et d'une beauté de la nature mais bon, ça évite les longueurs et c'est parfait comme ça) (et pourquoi pas enchaîner la vision de ce film avec un bon petit documentaire sur l'animal, rappelant qu'avant un tueur sans pitié, c'est surtout et avant tout un magnifique être d'une grâce et d'une beauté ahurissantes.)

Pour moi, ce genre de film sans autre prétention que de "tenter" de créer une réelle tension et de bâtir une petite atmosphère le temps d'une soirée, bah ça devient un coup de coeur direct. Les choix sont honorables et vraiment bien amenés, faisant oublier les quelques effets ratés d'interactions foireuses mais fort heureusement très brèves. Alors je dis bravo à ce Carlos Brooks, bien joué mon gars !

Et un grand merci à Pravda à qui je dois la découverte de ce petit film plus que surprenant dans son genre.