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Une famille syrienne - Film (2017)

Film de Philippe Van Leeuw Drame 1 h 30 min 22 juin 2017

Rester enfermé jour et nuit, ne pas sortir, ne pas même oser regarder dehors, c'est trop dangereux. Ce n'est pas la prison, c'est le quotidien d'une famille de Damas en Syrie, en pleine guerre. Une famille parmi d'autres qui fait ce qu'elle peut pour continuer à vivre, au jour le jour. L'appartement est devenu une sorte de blockhaus. Tout y est organisé en fonction de la pénurie. Il s'agit tous les jours de tenir un jour de plus.

Film Une famille syrienne - Film (2017)
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En règle générale je ne suis pas très client des films "utiles" car ils oublient très souvent de faire du cinéma, sans compter parfois les messages légèrement douteux qu'ils soutiennent. Mais ici, ma surprise fut de taille : "Une famille syrienne" est un film, et même un grand film, à l'ambition artistique marquée. Le concept est simple mais terriblement casse-gueule : format ultra-ramassé (1h20), huis-clos, et hors-champ dès que survient le monstrueux, pas facile pour montrer les horreurs de la guerre.

Et pourtant on les a bien dans le crâne ces horreurs, et pour très très longtemps, tant la tension engendrée par de simples effets de mise en scène (J'ai un point rouge à jamais gravé dans le cerveau) est croissante. On s'agrippe de plus en plus au fauteuil, on sursaute, on est même tenté parfois de tourner la tête.

Mais non, ne la tournez pas la tête, et là je m'adresse particulièrement à ceux qui ont de la (choisissez le terme à votre convenance) à l'intérieur, regardez bien en face ceux qui viennent profiter de nos allocs, de notre sécurité sociale, voler nos emplois, et à l'occasion poser des bombes. Ah oui, c'est vrai, j'oubliais, ils mangent nos enfants aussi. Oui ceux qui vivent ça sont ceux que vous nommez avec dégoût RÉFUGIÉS, alors si vous avez le courage de soutenir le regard de ces êtres humains, posez-vous une simple question : serais-je capable d'endurer le dixième de cette vie ?

Je vous aime Mademoiselle Abbas

NB : Je dois l'avouer, j'ai hésité à pousser ici ce léger coup de gueule, car c'est après tout facile de crier à l'injustice le cul posé dans le fauteuil confortable d'un cinéma climatisé, on pourra aussi me taxer de démagogie, d'être dans le camp du bien (rhétorique habituelle des pauvres petits polémistes ostracisés) ou me rétorquer que SC n'est pas le lieu pour exprimer de telles idées. Mais après tout, si nous sommes là, vous et moi, c'est que nous partageons a priori le goût de l'art. Art vecteur de tant de choses, et entre autres de réflexion sur le monde, la société. Et parfois aussi sur notre propre comportement, notre responsabilité face à ce qui nous est donné à voir, à entendre, et pourquoi pas à comprendre...