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Paradis - Film (2017)

Film de Andreï Kontchalovski Guerre et drame 2 h 12 min 19 janvier 2017

Olga est une aristocrate russe qui a émigré en France. Quand la guerre éclate, elle rejoint la Résistance.
Jules, bon père de famille français, est fonctionnaire de police. Lui choisit de collaborer avec le régime nazi.
Helmut, fils de la noblesse allemande, exalté par l’idéal d’une société de « surhommes », devient officier SS dans un camp de concentration.
Trois destins croisés, trois âmes qui devront répondre de leurs actes devant Dieu pour entrer ou non dans son Paradis...

Film Paradis - Film (2017)
SERVEUR 1

"Paradis" m'a mis mal à l'aise, je lui trouve bien des affinités avec "Huis-clos", la pièce de Jean-Paul Sartre. Je croyais assister à une expérience de laboratoire de l'Alchimiste Kontchalovski avec Olga, Jules et Helmut comme cobayes. Au jour du Jugement dernier, l'aristocrate russe, le fonctionnaire français et le soldat allemand doivent répondre de leurs actes devant Dieu. Comment justifier son rôle quand une guerre mondiale emporte chacun aux quatre vents ?

Le cinéaste constate que tous peuvent justifier les pires méfaits. Prenons Jules et Helmut, personnages bien caractérisés et vraisemblables. A la préfecture de police, Jules pourchasse les résistants, mais refuse de se salir les mains. Que son adjoint, délégué à la torture, obtienne des résultats ! Son visage gras de goret aux yeux exorbités convoite la belle comtesse russe tombée entre ses griffes. Peut-être pourrait-elle éviter la torture ? Accepterait-elle de dîner avec lui en privé ? Bien sûr, il n'est pas question de la libérer... Une active collaboration avec l'occupant allemand procure à sa famille une belle aisance.

Helmut, descendant d'une vieille famille de militaires prussiens, s'enthousiasme pour le dynamisme révolutionnaire des nazis. Dès 1933, il adhère au Parti et devient S.S... L'idée de participer à la création d'un Reich millénaire, le "Paradis allemand", le fascine. Il encadre sur le front oriental un des Erzatzgruppen, qui fusillent résistants et juifs par centaines de milliers. La scène où Heinrich Himmler nomme Helmut inspecteur des camps, chargé de débusquer la corruption, est sataniquement réussie.

En revanche, le personnage d'Olga (joué merveilleusement par Ioulia Vyssotskaïa) me semble beaucoup moins crédible. Après avoir couché avec Helmut lors d'une fête en Italie, la jeune femme disparaît avec un prince russe qu'elle épouse. Helmut la cherche longtemps sans succès. Installée en France, elle entre dans la résistance. Pourquoi ? C'est un mystère. Jules l'accuse d'avoir sauvé des enfants juifs. Pourquoi ? Nouveau mystère. Olga échappe à la torture mais devient le matricule anonyme d'un camp d'extermination. Elle y retrouve deux enfants juifs qu'elle croyait avoir sauvé de la déportation. Hum ! Comble de coïncidences, Helmut la reconnaît au cours de sa mission d'inspection ! Si Olga reprend espoir, moi je soupire : trop de facilités de scénario...

Une citation sur l'affiche du film est un indice sur la piste de "Paradis". "Tout objet aimé est le centre d'un paradis" (Novalis). Pour ceux qui aiment le meurtre et le sang, les paradis infernaux ont de beaux jours sur la terre.