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Layers of Fear 2 (2019) - Jeu vidéo

Jeu vidéo de Bloober Team PC, PlayStation 4 et Xbox One Action-Aventure et survie 28 mai 2019

Layers of Fear 2 est un jeu d'horreur psychologique à la première personne centré sur l'exploration et la narration. On incarne une vedette de Hollywood qui répond à l'invitation d'un mystérieux réalisateur à tenir le rôle principal d'un film dont le tournage a lieu à bord d'un transatlantique.

Film Layers of Fear 2 (2019)  - Jeu vidéo
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Un nouveau cadre pour une nouvelle histoire

Avant toute chose, il faut préciser que si ce Layers of Fear porte le numéro 2, il est entièrement indépendant de son aîné et largement faisable sans avoir joué au premier. Qu'est-ce donc Layers of Fear ? C'est ce qu'on appelle un "simulateur de marche" à ambiance horrifique. Ici c'est donc une histoire qui vous est racontée, notamment à travers des flash-back et des voix off. Quelques énigmes parsèmeront le trajet du joueur, mais l'essentiel du jeu consistera à suivre le scénario et à se laisser imprégner de l'ambiance. Sachez toutefois que si vous n'êtes pas du genre fouineur, vous risquez de passer à côté de notes essentielles à la compréhension complète du scénario qui demeure très cryptique. Beaucoup plus que dans le premier épisode, ce qui je le conçois peut rebuter pas mal les joueurs potentiels. Sachez toutefois que le scénario reste assez intéressant abordant la thématique de l'identité personnelle, le trouble de la perception de soi-même par un acteur et réserve quelques surprises intéressantes. Je n'en dirais pas beaucoup plus pour ne pas gâcher l'intérêt principal du jeu.

Des nouvelles mécaniques pas très inspirées

Bloober Team tente dans ce nouvel opus de dynamiser quelque peu son gameplay en proposant quelques phases de poursuite, mais disons-le tout de suite, ce n'est pas d'une grande réussite. La notion de danger n'est jamais vraiment présente, la poursuite se résumant à chaque fois à courir en ligne droite jusqu'à une porte précise qui mettra fin au script. Alors que dans Observer, précédente production du studio, le jeu nous gratifiait d'environnements plus ouvert et d'infiltration face à un monstre, créant ainsi tout de suite plus de tension et de suspens, ici on en oublie presque qu'il y a un réel danger face à nous. Dommage, il aurait pu être intéressant de jouer sur l'environnement étriqué du navire pour proposer un cache-cache monstrueux jouant sur la tension et les angles morts qu'un navire peut offrir. Layers of Fear 2 réserve quelques énigmes au joueur, malheureusement d'une simplicité assez enfantine. Ce n'était pas non plus la grande force du premier opus, mais certaines d'entre elles réussissaient à tirer parti du concept de base du jeu pour proposer des idées intéressantes. Ici, seul une mauvaise lisibilité de ce qui est interactif vous fera tourner en rond quelques minutes avant de vous laisser reprendre le rail de la narration. Enfin la mécanique phare de la saga Layers of Fear est toujours présente dans cet opus, à savoir la modification des environnements et le trouble de la perception de l'espace par le joueur. Ce qui faisait de Layers of Fear un excellent jeu était son effet "wahou" quand dans une pièce la structure de cette dernière se modifiait à chaque regard du joueur dans un coin différent, ainsi que l'enchaînement sans fin de ces dernières. Si ce deuxième opus ne focalise pas toutes ces cartes sur cet effet, il en joue tout de même, mais sans le même panache. Moins d'inspiration ? Moins d'effet de surprise sur le joueur ? Je pense que c'est un mélange des deux qui donnent cette impression un peu moins marquante de ces modifications. Le choix de l'environnement aussi doit pas mal jouer. Tandis que le premier opus nous faisait visiter une maison tout ce qu'il y a de plus classique en apparence, ici on se trouve dans un navire. Là où l'esprit du joueur peut parfaitement se représenter l'espace réelle d'une maison, d'autant plus que le jeu nous permet en introduction de la visiter normalement, ici un navire c'est assez infini en terme d'espace, d'autant qu'on est sur un navire type Titanic. Immédiatement, les successions de pièces paraissent moins anormales que dans le cadre plus restreint d'une maison et donc ont moins d'effet sur le joueur et sa perte de repères. Cela dit, ce n'est pas la seule carte du jeu et là où il puise toute sa force c'est son ambiance.

Une ambiance cinématographique inspirée

On ne peut clairement pas enlever une qualité majeure à ce Layers of Fear 2, l'amour du cinéma qui en dégage. Tout ce périple est propice à une lettre d'amour au cinéma noir et blanc. Nombres de références se cachent dans le jeu et sont le cadre de notre aventure : passant par des affiches de films ultra connus revisitées tel que Metropolis ou bien des hommages beaucoup plus visuels tel que Le voyage dans la Lune de George Méliès. Une véritable ambiance se dégage du jeu et un véritable sens de la photographie parsèment les différents tableaux traversés par le joueur. On retrouve aussi une excellente utilisation de la lumière pour créer des images marquantes. Néanmoins, le jeu ne dégage pas seulement de la beauté et n'oublie pas qu'il est un jeu d'horreur. Les décors sont très variés et tous ont bénéficié d'un soin particulier. Chaque chapitre possède sa propre ambiance. Une atmosphère oppressante et angoissante se dégage de chacun des passages du jeu. Layers of Fear 2 n'utilise pas le jumpscare pour faire bien, mais bel et bien son atmosphère générale et la réussite est au rendez-vous sur ce point.

Un petit mot sur le doublage du jeu (uniquement en anglais, mais disposant de sous-titre français) qui est de très grande qualité. La narration est faite par Tony Todd (Candyman, Transformers 2) et autant dire que sa voix grave, profonde et caverneuse est un délice pour les oreilles.

En conclusion, Layers of Fear 2 malgré quelques défauts reste un bon successeur à son aîné. Même s'il ne reproduit pas son effet de surprise, il sait apporter quelques nouveautés, notamment une meilleure maîtrise des environnements et de l'ambiance. Si l'idée de vouloir dynamiser le jeu avec quelques phases de poursuite peut paraître bonne, ici elle échoue à cause de la trop grande linéarité de celle-ci, annulant toute tension possible. Le scénario, bien que cryptique et caché à ceux qui ne fouillent pas, se suit avec plaisir et révèle quelques surprises. Le jeu rythme admirablement les six heures nécessaires pour le terminer et offre un "train fantôme" satisfaisant, sans être aussi génial que le premier.