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The Jinx - Série (2015)

Série de Andrew Jarecki Policier et documentaire 1 saison (terminée) HBO 45 min 8 février 2015

2001, Galveston, au Texas. Le corps de Morris Black est découvert découpé, flottant sur une rivière. Au travers d'interviews, d'images d'archives et de reconstitutions, The Jinx explore l'enquête impressionnante qui suivi, faisant de cette affaire l'un des faits divers les plus retentissants et les plus mystérieux de l'histoire criminelle américaine.

Film The Jinx - Série (2015)
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De loin The Jinx a tous les aspects de l'émission Morandinesque (style Confession intime, Faites entrer l'accusé et autres merveilles de l'audiovisuel Français). C'est, sur le principe, le genre par excellence de documentaire que je méprise, avec leur dose de voyeurisme malsain, de faux suspens, de frisson, de buzz, de chatons... C'est un peu à la télévision ce que le magazine Détectives est au journalisme (si vous ne connaissez pas allez voir c'est la chose la plus crade du monde avec les choux de Bruxelles). Et pourtant, malgré cet apparat qui a de quoi faire peur, The Jinx est une petite pépite... because HBO. Pour tout dire je n'avais pas du tout entendu parler de cette série avant le mini-buzz SensCritique, puis, au vu des notes et des commentaires (du genre « meilleure série de l'année ») ma curiosité à été attisée.

Les premières minutes passent, un cadavre démembré est retrouvé, on se croirait dans Les Experts et là... le générique part et tu ne comprends plus rien. The Jinx retrace l'histoire vraie d'une série de meurtre et du suspect numéro 1 (si ce n'est du coupable) : Robert Durst, qui a lui même sollicité le réalisateur afin de donner « sa version ». Entre interview, images d'archives, bandes audio et reconstitution de l'enquête, la série oscille entre fiction et réalité, jouant elle même sur sa nature (on dirait un peu un True Detective IRL). Dès le début on est pris par une fascination malsaine pour cette enquête et ses rebondissements. Mais évidemment, The Jinx ne serait rien sans son personnage central : Robert Durst. Héritier d'une des plus grandes familles New-Yorkaise à la voix granuleuse (qui m'a fait penser à Tom Waits d'ailleurs), figure glaçante, impalpable, sous le visage duquel on essaye de discerner le sociopathe. C'est véritablement lui qui donne à la série toute sa puissance. Voir cet homme probablement coupable des différents meurtres, répondre aux questions avec sarcasme est un spectacle glaçant. On en vient à se penser juge, avocat et détective à la fois. On éprouve devant, un curieux mélange d'effroi, de pitié, de dégoût... voire même plus surprenant, de « sympathie ». Comprenez moi bien je n'ai aucune attirance pour les tueurs et autres psychopathes, mais la présence, la répartie et le comportement de Durst font de lui un être trouble, qu'il est difficile de simplement haïr. C'est là une des grandes forces de la série ; parvenir à dresser un portrait tout en nuances. L'affaire est un nœud de problèmes sans solution, de questions sans réponse, d'incohérences et le comportement de Robert Durst ne fait que rendre la chose plus complexe. Pourquoi fait-il une interview alors qu'il a été acquitté ? Pourquoi a-t-il volé ce sandwich alors qu'il possédait des milliers dans son coffre ? Pourqoi murmure t-il certaines phrases durant la pause ? Ce qui est certain c'est que Durst désire semer le doute et la confusion. Et malgré les nombreuses preuves, les « pourquoi » restent légion. Jamais un personnage de fiction n'aurait pu être aussi complexe.

Le fait que The Jinx ne soit pas une fiction l’empêche de ce fait de trouver une réelle fin. Ainsi, la veille de la diffusion du dernier épisode, Robert Durst fut à nouveau arrêté pour les meurtres dont il était déjà suspect. La série a en effet révélé de nouvelles informations (comme la lettre) qui ne pouvaient être ignorées par la police... ni par les médias. L'affaire est donc loin d'être terminée et on attend avec impatience (si le mot est bien choisi) l'épilogue de cette très longue enquête. Au plus la série progresse au plus la tension monte et le dernier met la barre tellement haute que j'ai fini en PLS je vous raconte pas.

The Jinx est donc avant tout le portrait d'un homme avant d'être l'histoire d'une enquête. L'évolution de notre perception de Durst est juste hallucinante. Pour tout vous dire j'ai regardé la série avec une amie et là où (au premier épisode) elle criait « quel gros bâtard ce ...... de ..... ! » elle a fini (au dernier) par dire « oh non le pauvre ! ». Quoi que vous pensiez de Durst et de ce qu'il a pu faire, sa présence ne vous laissera pas impassible. Ses petits yeux noirs, sa voix rocailleuse, son visage imperturbable, son humour glaçant... Robert Durst restera la seule véritable énigme de la série. Dans tous les cas ne passez pas à coté de cette pépite, vous n'en ressortirez pas indemne.